L’Association l’Usine recherche un.e nouveau.elle permanent.e pour la rentrée 2013 !!!

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Les permanent.e.s travaillent en tandem. Leur rôle est double.

A l’interne, illes sont en charge de la gestion administrative et logistique de ce gros navire et veillent à la coordination entre ses différentes entités membres (réunion de gestion, suivi des groupes de travail, médiation lors de conflits en interne)

D’autre part, illes assurent le lien entre l’Association, ses membres et l’extérieur. Illes sont les portes-parole de l’association ainsi que sa centrale d’accueil.

Pour remplir ces deux fonctions, le travail des permanent.e.s combine plusieurs aspects :
de la réception, du bureau, des réus, de la coordination, de la représentation et de la conciergerie

Qualités requises :

bonne connaissance de la politique culturelle genevoise et du milieu associatif, disponibilité, flexibilité et grande capacité d’écoute, aisance à travailler en collectif, aptitudes à fédérer, modérer et rassembler, capacité de synthèse et d’analyse.

Temps de travail et horaires :
horaires flexibles, plutôt de jour, 20h par semaine (soit un poste à 50%)
Plus un temps de travail bénévole est demandé (environ 25%)

Salaire mensuel net : 2000.- Frs

Engagement septembre 2012
Formation : juillet-août 2013 (à définir)

Les dossiers de candidature – comprenant une lettre de motivation ainsi qu’un CV – sont à envoyer à

l’Usine,
4, Place des Volontaires,
1204 Genève

Délais de candidature : 30 Avril 2013.
entretiens 15, 16 et 27 mai

Cahier des charges à télécharger ici

Blavril 2013 /
Ça y est, après plus de 3 ans de boulot à la permanence de l’Usine, je laisse ma place.

Mais l’heure n’est pas encore au bilan, plutôt au flashback.

Qu’est-ce qui a bien pu me motiver à postuler à l’époque ?
Plein de chose en fait.
J’étais fervent public des différentes soirées. C’est vrai que je n’allais pas très souvent au Théâtre ni au Zoo mais les concerts du Rez et les canapés du Spoutnik m’attiraient plusieurs fois par semaine. J’avais l’envie de passer dans les coulisses, de comprendre les rouages humains et techniques de cette grosse machine. Envie aussi de changer de statut, de m’impliquer, de ne plus être simple consommateur mais de contribuer à faire vivre un lieu qui m’apportait tant.
J’ai commencé doucement, en tant que photographe. Après avoir fait quelques soirées au bar, j’ai été accueilli au sein du comité de Ptr. Découverte du fonctionnement particulier d’une des entités de l’Usine avec, comme les autres, sa part d’autonomie.

Puis Marcelle, une des permanentes de l’époque, a décidé de partir.
Certain.e.s ami.e.s m’ont poussé à tenter ma chance. Moi ? Permanent de l’Usine ? Ça veut dire quoi en fait ? C’est quoi ce boulot ? J’ai sûrement pas les épaules !
Je me suis renseigné, j’ai bu des cafés avec des gens qui m’ont expliqué chacun.e leur point de vue et j’ai compris quelques trucs.
A la perm, on est élu par tou.te.s les membres de l’Usine pour les représenter. Ça veut dire qu’en tant que membre on a notre mot à dire sur tout, mais qu’en tant que permanent.e, on doit essayer de comprendre ce que les gens (dont on fait partie) souhaitent. Parfois ça prend des semaines, voir des mois, pour faire en sorte que le consensus apparaisse clairement. Cette lenteur, qui énerve beaucoup les administrations ou les politiques, fait notre force. Elle nous permet, dans la mesure du possible, de faire les choix les plus réfléchis. Une fois qu’on a compris la complexité des différentes positions et l’accord collectif qui en est issu, il faut réussir à le synthétiser pour pouvoir le défendre à l’extérieur, même si ce n’est pas ce qu’on aurait dit en notre propre nom. C’est apprendre à parfois effacer son ego pour le collectif.

Car l’Usine c’est plein de gens différents mais avec tout de même comme envie commune de proposer des choses qui se font vraiment rares dans cette ville.

Une sorte de micro-société autogérée, sans chef. Notre position de permanent.e peut être remise en cause à n’importe quel moment. La représentativité, parfois vue comme problématique dans l’autogestion radicale, est ici choisie car elle est posée sur un temps indéterminé. Bien sûr on arrive pas à supprimer tous les rapports de pouvoir mais on tente de les minimiser comme on peut, au moins de les gérer autrement.

Une des partie du boulot est d’aller négocier avec des personnes qui ne nous aiment pas beaucoup. Oui, parfois c’est chiant. Aller discuter patente avec le Service du Commerce de l’Etat, rencontrer des députés MCG après une séance au Conseil Municipal ou se faire engueuler par des voisin.e.s qui nous pensent (ir)responsables quant au bruit sur la Place des Volontaires, ça donne pas trop envie. Mais si ça permet à l’Usine de continuer à fonctionner le plus possible comme elle l’entend ça vaut vraiment le coup. Et puis en connaissant ses opposant.e.s on apprend beaucoup sur sa manière de réagir au conflit, de se contenir et d’argumenter.

Être permanent.e c’est pas que ça. C’est parfois passer une matinée à écrire un communiqué de presse et une après midi à essayer de réparer une porte. De l’administration et de la conciergerie. La permanence de l’Usine, en tant qu’association faîtière, gère tout ce qui concerne tout le monde, c’est à dire les 21 collectifs/entités plus les membres individuels.

De la paperasse, de la politique, du social (à l’interne comme à l’externe), de la médiation, de l’imagination, un peu de technique et de programmation…
Même si on se retrouve le plus souvent à répondre au coup par coup aux différentes attaques, être permanent.e c’est aussi essayer de trouver le temps de proposer une vision proactive de l’Usine

Mais pour faire ça, est-ce qu’il faut être d’abord usinien.ne ? Ca dépend un peu des caractéristiques nécessaires qu’on attribuerait à un.e usinien.ne. Par le passé, des personnes qui ne connaissaient pas du tout l’Usine ont débarqué en tant que permanent.e. Simplement parce qu’à travers leurs expériences personnelles en collectif, illes comprenaient les enjeux que pouvait soulever une association aussi énorme que l’Usine. Et puis en rentrant dans le bain, on est vite amené à aller à la rencontre des différentes personnes et collectifs qui la composent.

La formation et les compétences à avoir ? Alors ça c’est difficilement définissable. Il faut surtout une gigantesque capacité d’écoute, de la motivation et du temps, beaucoup de temps. Être permanent.e c’est pas seulement un travail de bureau. C’est aussi boire des coups avec pleins de gens différents pour comprendre ce qui les rassemble, ou pas…